COVID – juillet 21 – part 10 – La théorie du choc

Où nous mène cette crise sanitaire ?

Dans la partie 9, on a constaté que l’analyse de la situation incite à croire qu’il est difficile de concevoir un complot hourdi par une petite catégorie d’individus qui piloterait à distance les évènements.

En revanche, la présence d’un complot systémique paraît évidente. Les intérêts et privilèges de certaines personnes les amenant à se comporter de façon telles que le complot s’auto-alimente de lui-même, sans nécessité d’une intervention d’un groupe conspirationniste.

Cela m’amène a résumer « La théorie du choc », un livre de Naomie Klein, journaliste d’investigation qui reprend les évènements mondiaux depuis les années cinquante qui amène au dogme incontesté aujourd’hui que le néolibéralisme appliqué à l’échelle planétaire conduirait au bonheur de l’humanité.

Le néolibéralisme est une doctrine économique qui va déboucher sur un mode de fonctionnement particulier du capitalisme.

Comment cela s’est-il construit ?

Les prémisses : Un contexte propice à l’éclosion du dogme

Pour comprendre la naissance de ce mème (une idée qui se propage à la manière d’un gène). Il faut se remettre dans le contexte des États-Unis de 1950. La guerre froide a débuté et la peur du communisme est omniprésente. C’est le début du maccarthysme. Le président Harry S. Truman considère que l’avenir et la sécurité des États-Unis ne peuvent être assurés que par politique extérieure de propagation de leur modèle démocratique et libéral, de défense de leurs intérêts économiques et d’endiguement du communisme.

Dans ce contexte Milton Friedman, un économiste qui a eu le prix Nobel en 1976 développa la théorie néolibérale. Elle prône que sans intervention de l’état, les marchés vont réguler le comportement des acteurs et que tout va s’équilibrer pour obtenir la prospérité de tous et qu’à l’inverse toute ingérence de l’état ne peut que dégrader le système économique.

En 1950, sa théorie qu’il ne peut prouver que par des modèles de calcul artificiels, n’a cependant pas beaucoup de prise aux États-Unis qui sont sortis de la crise de 1929 par une relance Keynésienne de la consommation orchestrée par l’état. Tout l’inverse de ce que prône Friedman.

Il va donc se tourner vers les pays d’Amérique du Sud pour tester ses idées grandeur nature. En effet, à cette époque seules des simulations informatiques semblent lui donner raison. Il obtient implicitement dans sa démarche l’appui des multinationales américaines en recherche de nouveaux marchés et celui de la CIA toujours prompt à défendre les intérêts américains.

Dans les années cinquante, Ewen Cameron est un psychiatre Canadien qui travaillait sur les effets des chocs électriques sur les schizophrènes. Il fut convié par la CIA à tester l’efficacité de ses méthodes lors des interrogatoires lors du projet MKUltra. Ces méthodes furent utilisées pendant 50 ans en Amérique du Sud pour torturer les opposants. Elles furent appliquées dans la clandestinité par les dictatures sud-américaines, mais finirent par être officialisées, par l’édition du manuel Kubark de torture, suite aux attentats du 11 septembre 2001. À partir de ce moment la torture comme moyen de pression fut légalisée sur les « combattants ennemis » qui menaçant la sécurité nationale des États-Unis. Par ce subterfuge linguistique ces personnes n’étaient plus considérées comme « prisonniers de guerre » et à ce titre furent exclus des droits de la convention de Genève interdisant la torture.

La progressive mise en action du néolibéralisme

On ne peut pas à proprement parler de plan de mise en œuvre du néolibéralisme. Par contre chaque opportunité de l’implanter quelque part fut saisie avec une remarquable promptitude. C’est en ce sens que l’on peut évoquer un plan systémique. Des gens convaincus d’un idéal se sont saisis de la moindre possibilité de faire cet idéal.

Voici l’enchaînement des éléments historiques qui seront détaillés dans la suite de l’article :

  1. 1973 Une dictature met en place le néolibéralisme au Chili
  2. L’Uruguay, le Brésil et l’Argentine suivent le chemin du brésil
  3. 1981 L’Angleterre utilise une fenêtre d’opportunité par créer un choc dans l’opinion et mettre en place le néolibéralisme
  4. 1986 Le président de la Bolivie met en place le néolibéralisme en mettant sur son programme lors des élections
  5. 1989 Solidarité prend le pouvoir après plusieurs années de lutte. Le FMI contraint la Pologne à adopter le système néolibéral ; en conditionnant son aide pour rembourser la dette accumulée par l’ex-pouvoir soviétique.
  6. La chine adopte le concept néolibéral en s’appuyant sur l’école de Chicago et met en place une dictature militaire.
  7. Après 27 ans de prison Nelson Mendela prend le pouvoir politique, mais les Afrikaners blancs gardèrent le pouvoir économique avec l’aide du FMI.
  8. 1991 Suite à la chute du mur de Berlin de 1989, l’URSS devient la Russie et adopte le système néolibéral
  9. 1997 Pillage organisé des tigres asiatiques sur une rumeur de manque de liquidité
  10. Israël, organise le marché de la sécurité basé sur un climat de guerre éternelle
  11. 2003 L’invasion de l’Irak et le néolibéralisme à marche forcée
  12. 2005 Le tsunami du Sri Lanka fut l’opportunité rêvée pour évacuer les pécheurs de plages vers des camps, afin d’y implanter des hôtels de luxe.
  13. 2005 L’ouragan Katrina fut l’opportunité pour privatiser les écoles gratuites de la Nouvelle Orléans

Le Chili de Pinochet

Le Chili est alors Marxiste sous la présidence de Salvator Alliende. Les fondations Ford et Rockfeller vont financer les études de jeunes chiliens pour apprendre l’économie avec Friedman à l’université de Chicago.

Seule la théorie du néocapitalisme y est enseignée et surtout pas le Keynésianisme. Après le coup d’État du 11 septembre 1973, les boys de Chicago, comme ils seront nommés, prendront tous des postes clés dans le gouvernement Pinochet. Ce sera licenciement en masse dans la fonction publique et privatisation des services qui seront rachetés par les multinationales américaines pour des prix dérisoires.

Friedman deviendra le conseiller spécial de Pinochet. Il affirmera par la suite n’être intervenu que sur le plan économique et que si Pinochet utilisait des méthodes inavouables, ce n’était pas de sa responsabilité. Il affirma que les moyens utilisés ne remettaient pas en cause le fondement de sa théorie économique.

L’expérience montra que sans actions dictatoriales, il aurait été impossible de faire passer les mesures qui ont paupérisé la plus grande partie de la population, au détriment d’une nouvelle caste d’hyper-riches.

Les dictatures du cône sud

Friedman se rendit au Brésil en 1973 qui était sous un régime dictatorial depuis 1964 et qualifia l’expérience économique de miracle.

L’Uruguay fit un coup d’État en juin 1973 et invita des sommités de l’école de Chicago pour bâtir un plan économique. La conséquence fut une baisse immédiate de 28 % des salaires.

L’Argentine fut le dernier pays du cône à basculer dans la dictature le 24 mars 1976.

Tous ces pays prirent la menace communiste comme alibi. Tous appliquèrent, à la lettre, les recommandations néolibérales de l’école de Chicago avec à chaque fois les mêmes conséquences sur l’accroissement de la pauvreté des gens et celui du profit des multinationales américaines ayant bénéficié des rachats à bon compte de structures de ces états.

Angleterre et la manipulation de Thatcher

En 1981, Margaret Thatcher était fascinée par Pinochet et la remarquable réussite économique du Chili dans laquelle elle voyait l’exemple frappant de l’efficacité des réformes économiques. Elle indiqua cependant en 1982 dans une lettre à Hayek son gourou Chilien, je cite : « […] certaines mesures prises au chili seraient inacceptables en Grande-Bretagne, où il existe des institutions qui nécessitent un degré élevé de consensus social. Notre réforme devra respecter nos traditions et notre constitution. Par moments, les progrès peuvent paraître cruellement lents »

C’était sans compter un événement inattendu. L’Argentine envahit les Malouines. Thatcher n’avait cure de cette île au bout du bout qui ne lui occasionnait que des dépenses. Elle vit cependant une fenêtre d’opportunité pour renverser la situation dans son pays où elle se trouvait en mauvaise posture politique.

Elle attisa l’esprit patriote des Anglais pour partir en guerre contre l’Argentine et récupérer la terre volée. Forte d’une nouvelle aura suite à sa victoire guerrière, la dame de fer lança en 84 une opération quasi militaire sur les grévistes des mines de charbons, les qualifiants d’ennemis de l’intérieur contre la liberté.

Matraqués, infiltrés, affamés, les travailleurs durent céder et Thatcher enclencha le plus grand plan de privatisations des services faisant siennes les théories néolibérales de l’école de Chicago. Les plus grandes entreprises furent vendues (British Telecom, British Gas, British Airways, British Steel, …) au grand bonheur de ceux qui les acquirent.

Bolivie et le mensonge de Paz

En 1984, sous prétexte  de lutte contre la drogue, Ronald Reagan déclencha une crise économique en Bolivie, en bloquant les producteurs de coca provoquant une inflation de 14 000 %. La conséquence fut des élections en 1985 qui permirent aux Boliviens de sortir de près de vingt ans de dictature.

Paz, le président élu avait fait campagne sur un modèle d’économie mixte avec un contrôle serré du budget. À peine élu, il constitua un groupe secret piloté par Goni, le plus gros propriétaire minier du pays, le ministre des finances et celui de la planification.

Ils concoctèrent en 17 jours une thérapie de choc, suivant les recommandations de Jeffrey Sach, un économiste de Harvard qui bien que non détracteur de Keynes était adepte de la théorie de Friedman, la plus en vogue sous les années Reagan.

Ce tour de passe-passe fut qualifié de pinochétisme économique par la gauche bolivienne. Résultats : Élimination des subsides alimentaires, réglementation des prix, augmentation de 300 % des prix du pétrole et gel d’un an des salaires déjà très bas. L’inflation fut effectivement réduite à 10 % sous les acclamations de l’occident, démontrant ainsi la compatibilité entre néolibéralisme et une apparente démocratie. Au final une petite élite s’enrichit considérablement tandis que de très nombreux membres de ce qui fut la classe ouvrière furent carrément exclus de l’économie et condamnés à la famine.

Des dizaines de milliers de personnes descendirent dans les rues et une grève générale paralysa l’industrie. Paz déclara l’état de siège, les chars défilèrent dans les rues, couvre-feu fut instauré ainsi que des sauf-conduits pour circuler.

Les leaders syndicaux qui avaient entamé une grève de la faim furent déportés dans des centres de détentions au cœur de l’Amazonie jusqu’au moment où ils firent allégeance. Un an plus tard, l’état de siège fut remis en place et les leaders syndicaux à nouveau déportés avec cette fois un ministre et un sénateur récalcitrants.

Du miracle bolivien, on ne retient qu’une certaine réalité économique, mais aucunement la répression et la paupérisation qui l’accompagnèrent.

Pologne, Walesa face à la dette

Lorsque la Pologne se désolidarisa du bloc soviétique, suite aux révoltes du chantier de Gdansk, Solidarité prit les rênes du pouvoir, Walesa eut cette formule « Pour notre malheur, nous avons gagné ».

En effet, la dette du pays s’élevait à 40 milliards de dollars et l’inflation avoisinait les 600 %. Il existait une grave pénurie alimentaire et un marché noir florissant. Les dirigeants ne voulaient plus de la poigne de fer qui les dirigeait, mais ils ne savaient pas, par quoi les remplacer.

Désirant amener le nouveau gouvernement à accepter une conversion totale au capitalisme sans entrave, le FMI refusa une renégociation de la dette et laissa le pays s’enliser dans l’hyperinflation.

Joffrey Sachs qui surfait sur son image de sauveur de la Bolivie, fut alors appelé comme conseiller de Solidarité. Ce dernier obtint l’allégement de la dette polonaise, mais au prix d’une solution encore plus radicale qu’en Bolivie : Élimination du contrôle des prix, coupe sombre dans les subventions, privatisation des mines, des chantiers navals et des usines de l’état.

La volonté initiale de créer une société basée sur un modèle coopératif n’eut pas le temps de voir le jour. Prisonnier de la dette, les dirigeants avaient dû céder aux injonctions du FMI entraînant les pauvres vers encore plus de pauvreté jusqu’à regretter l’époque soviétique pendant laquelle s’ils n’avaient aucune liberté, arrivaient au moins à se nourrir.

Chine et la dictature assumée

En 1989 Francis Fukuyama, chercheur américain influent, en sciences politiques, publia un essai dans lequel il affirma que c’était la fin de l’histoire et que l’humanité sortait de l’âge préhistorique. Il déclara que la réforme démocratique et la réforme néolibérale étaient des jumelles inséparables, sinon comment expliquer la chute du mur de Berlin, la tenue d’élections libres en Pologne et la déliquescence du bloc soviétique.

Il prévit une nouvelle ère de paix grâce au libéralisme pendant laquelle il n’y aura plus de guerre, ni de catastrophe à raconter dans les manuels d’Histoire. L’histoire va cependant lui donner tort rapidement.

Désireux de libéraliser son pays Deng Xiaoping fit appel à Friedman qui se rendit en Chine en 1980 et en 1988. La bénédiction de Friedman aux dirigeants du poliburo ne suffit pas à provoquer l’adhésion du peuple aux mesures draconiennes qui avaient entraîné flambée des prix, chômage massif et creusement des inégalités causé par la corruption et le népotisme. Devant les manifestations de la population, Xiaoping déclara la loi martiale le 20 mai 1989.

le 3 juin, place tien’anmen le gouvernement chinois va violemment réprimer la révolte étudiante pour plus de démocratie. Par contre le néolibéralisme continuera à être appliqué tambours battants.

Le résultat fut toujours le même avec toujours plus de pauvres et des membres du Parti Communiste Chinois et leurs enfants devenus milliardaires.

Afrique du Sud, le tour de prestidigitation

En 1955, les minorités ethniques de l’Afrique du Sud votèrent la « Charte de la liberté » à main levée dans un terrain vague de Kliptown. Pendant 30 ans l’ANC fut interdit ainsi que tous les partis qui projetaient l’abolition de l’apartheid. En 1980, les jeunes s’emparèrent de la charte et firent bouger les lignes.

À sa sortie de prison en 1990, Mendala, incarcéré en 1962, déclara que si l’ANC prenait le pouvoir, il nationaliserait les banques et les mines. Mendala remporta une victoire électorale éclatante en 1994. Mais pour éviter le sort du Mozambique voisin qui vit les colons portugais tout détruire et emporter le reste en quittant le pouvoir, l’ANC entama des négociations pour une passation de pouvoir pacifique.

C’est à ce moment que Mendela se fit flouer. Pendant que l’ANC emportait les négociations sur tous les fronts politiques qui concernaient l’apartheid, d’autres négociations beaucoup plus discrètes avaient lieu sur le plan économique. S’appuyant sur les théories de l’école de Chicago, les négociateurs imposèrent leurs vues sur l’économie à l’ANC qui ne disposait que de Padayachee comme économiste. L’ANC signa les accords du GATT ce qui lui ôta toute marge de manœuvre. Les Afrikaners prirent tous les postes clés, à commencer par la nouvelle banque centrale crée pour l’occasion et dont de Klerk, l’ancien président déchu fut nommé gouverneur, avec la bénédiction du FMI et de la banque mondiale.

Aucune des dispositions économiques de la « Charte de la liberté » ne fut mise en place. À l’inverse des nationalisations prévues, ce fut une balkanisation de l’économie qui s’opéra au profit de l’ancienne caste dirigeante qui resta dirigeante de fait, continua à s’enrichir et creusa encore plus les inégalités. Entre 1991 et 2002 le taux de chômage des noirs est passé de 23 % à 48 %.

Russie et la naissance des oligarques

Michael Gorbatchev reçu le prix Nobel de la paix pour la transition démocratique de l’URSS qu’il entamait. Il estimait qu’il lui faudrait une dizaine d’années pour amener le pays vers une économie libre qui conserverait une politique sociale forte, à l’image du modèle suédois.

En 1991, le G7 ne lui laissa pas le choix. S’il n’appliquait pas immédiatement une thérapie de choc radicale sur le modèle de celui qui intervenait en Pologne, les chefs d’État allaient le laisser tomber, ce qui dans une économie mondialisée serait fatal à son pays.

Gorbi ne se plia pas, mais un an plus tard, le FMI et la banque mondiale lui refusa le crédit alors que le pays subissait une grave crise économique. Mais Gorbatchev tint bon, même si la presse américaine le pressait de prendre modèle sur Pinochet.

Le 19 août 1991, Elsine, président de la Russie, devint une figure leader de la démocratisation repoussant une attaque des chars russes pilotée par les ex-communistes pour prendre le parlement russe. En décembre, en signant un accord avec deux autres républiques, il mit fin de fait à l’URSS, contraignant Gorbatchev à démissionner. Il s’appuya sur Jeffrey Sachs (comme en Pologne) pour obtenir les financements nécessaires du FMI et de la banque mondiale, en contrepartie, bien sûr, de l’application de la thérapie de choc préconisée par l’occident.

Fin 91, il demanda au parlement de lui accorder les pleins pouvoirs pour décider des lois sans l’accord des élus. Bénéficiant de l’aura du sauveur, le pouvoir absolu lui fut accordé pour an. Seulement une semaine après la démission de Gorbatchev, un programme de libre-échange et de privatisation de 225 000 sociétés d’état fut lancé, bien allant à l’encontre de la volonté de la majorité du peuple russe comme l’attestent les sondages de l’époque.

Les promesses d’Eltsine, d’un avenir radieux après six mois de traitement de choc, ne se réalisèrent pas. La classe moyenne due vendre ses biens pour survivre. Le tiers du pays était en dessous du seuil de pauvreté. En décembre 1992, le parlement vota la fin de la récréation et supprima les pleins pouvoirs à Boris Eltsine. Ce dernier déclara alors l’état d’urgence pour rétablir son pouvoir absolu. Trois jours plus tard les juges de la cour constitutionnelle statuèrent à 9 contre 3 que le coup de force d’Eltsine violait la constitution. L’occident, Bill Clinton en tête apporta son soutien à Eltsine, qualifiant les parlementaires de « communistes purs et durs » alors que c’étaient eux qui avaient voté la dissolution de l’URSS.

Au printemps 1993, le parlement déposa un budget non conforme aux attentes du FMI. Eltsine fit réaliser un référendum pour demander la dissolution du parlement. Bien que ne réunissant pas les conditions légales requises, Eltsine proclama la victoire du « oui ». Le FMI fit courir la rumeur qu’un prêt de 1.5 milliards de dollars allait être refusé du fait de la mauvaise volonté des Russes.

Quelques jours plus tard, le décret 1400 annonça la dissolution du parlement et l’abolition de la constitution. Deux jours plus tard, le parlement vota à 636 voix contre 2, la destitution d’Eltsine. Bill Clinton continua de le soutenir et accorda un prêt de 2.5 milliards de dollars. Eltsine fit alors encercler le parlement par l’armée (dont il venait de doubler la solde), lui coupant électricité, gaz et téléphone. Les Russes se mobilisèrent par milliers pour apporter leur soutien aux parlementaires. Il y eut des heurs pendant quinze jours. Finalement Eltsine fit donner l’assaut par 5 000 militaires, des blindés, des hélicoptères et des troupes d’élite. Le bilan fit état de 500 morts, 1000 blessés et de 1700 arrestations. Boris Eltsine fit mettre le feu au bâtiment qui dénommée « maison blanche » s’appelle désormais « maison noire ». Le Washington post titra « Approbation générale pour le coup de force d’Eltsine, vu comme une victoire de la démocratie ».  Ce sera la version officielle en occident, conférant le rôle de sauveur de la démocratie à Eltsine contre les soviets.

L’histoire connue cependant un petit accro. En Pologne Joffrey Sachs avait obtenu, assez facilement, un financement mondial en contrepartie de l’engagement de mesures néolibérales chocs. Il pensa qu’il en serait de même en Russie et invita Elstine à engager les mesures avant même d’avoir obtenu un accord. Cependant les Américains virent la chute de la Russie comme une victoire et préférèrent la regarder sombrer. De plus il était reproché à G.W.Bush, en pleine campagne électorale, de ne pas assez s’intéresser aux problèmes politiques intérieurs.  Pour la Russie ce fut donc la double peine, pas de reprise économique à terme, mais une dictature immédiate. A compter de cet instant J.Sachs abandonna le dogme de la thérapie de choc et milita pour l’annulation des dettes des pays pauvres.

Pour la Russie, la suite est connue, une petite quantité d’anciens apparatchiks et une poignée de gestionnaires de fonds étrangers s’approprièrent les actifs russes. En 1991, il n’y avait aucun millionnaire en URSS, en 2003, il y avait 17 milliardaires, car Eltsine contrairement aux demandes de l’occident n’ouvrit pas les privatisations bradées aux multinationales, mais les réserva à ses amis, même si les fonds de pensions étrangers eurent droit à leurs parts du gâteau. Les scores aux élections russes depuis laissent douter que la démocratie y fut vraiment implantée.

Pillage des tigres de l’asie

à compléter

D.Rumfeld et D.Chesnay, open bar

à compléter

La guerre d’Irak et le néolibéralisme clés en mains

à compléter

Sri Lanka, un tsunami très bienvenu

à compléter

L’ouragan Katrina, l’enseignement de l’Irak pour détruire la nouvelle Orléans

à compléter

Israël et la naissance du capitalisme de guerre permanente

à compléter

Quelle est l’avenir si on prolonge les tendances du passé ?

La dette

Jusqu’à présent l’accumulation de la dette à permis d’acculer les états débiteurs incapables de rembourser, à accepter des conditions draconiennes du FMI, les poussant à céder leurs actifs à des oligarques s’enrichissant de plus en plus.

Avec la crise du Covid, les endettements sont à un niveau qui était inimaginable deux ans plus tôt. Une époque où il était opposé le plafond du PIB à toute demande de revalorisation (gilets jaunes, hôpitaux, …)

Le système économique mondial est au plus mal. Les banques centrales ont racheté les dettes pourries et les ont revendues à la banque centrale européenne. Elle ne peut plus les revendre à quelqu’un d’autre. Son choix sera d’annuler la dette ou d’en exiger le remboursement rapidement.

A la fin du premier trimestre 2021,  la dette de la France s’élève à  2789 milliards d’Euros soit 118% de son PIB.

Que va-t-il se passer dans les mois et années qui viennent ?

Parmi les hypothèses qui font sens, laissons libre cours à notre imagination :

  •  Faire payer les peuples pour rembourser les dettes que l’on imputera au Covid
    • Remontée prévisible des taux d’intérêt
    • Retour incontournable de l’inflation (déjà sensible)
    • Amenant à un crack obligataire, puis une banqueroute qui sera la faute au covid
    • Prélèvement sur tous les comptes > 100 000 € (comme à Chypre), sachant que les très riches avertis de la manœuvre auront exfiltré leurs avoirs avant.
    • Voire faillite des banques. En France, les comptes bancaires sont garantis jusqu’à 100 k€ par la banque européenne qui ne possédant pas les actifs nécessaires ne seront pas remboursés
    • Assurances vie bloquées, non remboursées conformément à la loi Sapin2 (même schéma que pour les emprunts russes, mais légalisé cette fois)
    • Rétablissement du contrôle des capitaux (déjà acté mi 2021)
  •  Etablissement d’un capitalisme d’un nouveau genre
    • Humanité à deux vitesses avec 10% d’hyperiches et 90 % d’hyperpauvres
  • Contrôle de population pauvre asservie
    • Généralisation de l’identité numérique couplée à la reconnaissance faciale
    • Surveillance activité Web, croisement des fichiers
    • Contrôle des déplacements et des activités (smartphones, paiements, dronnes, IA, …)
    • Mise en place des cryptomonnaies avec contrôle par le porte-monnaie électronique comme une extension du passe-sanitaire
    • Contrôle de l’accès travail, nourriture, eau, médicaments, … (avec un système de crédit social comme en Chine)
    • Contrôle de la quantité mondiale de population

En conclusion, comme le dit un proverbe chinois, on n’arrête pas un fleuve avec les mains. Le processus de mise en place du néolibéralisme avec une caste dirigeante hyper-privilégiée est enclenché depuis trop longtemps pour être stoppé, même par la volonté du plus grand nombre. Encore faudrait-il qu’une majorité de personne s’aperçoive de ce qui se trame, mais ce n’est malheureusement pas le cas.

Ainsi, je crois (mais ce n’est qu’une opinion) que les dés sont jetés et qu’il va falloir faire avec. La grande révolution n’a jamais été une solution en cela que toute révolte a toujours été récupérée. Est-ce une vision pessimiste ? A court terme, je la crois réaliste. Cela n’empêche pas d’être optimiste à long terme. Les choses évolueront forcément, les dictatures finissent toujours par tomber. C’est pour cela qu’accepter, n’est pas se résigner. Recentrons-nous localement sur notre tribu et résistons intelligemment à notre niveau par la connaissance et l’information, les seules armes à notre disposition contre l’obscurantisme.

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